LE BON VIEUX TEMPS, ou LE REVE ECOLO CHAPITRE III, PARTIE 1
FREDELAS POUR EURO-RECONQUISTA.COM
lundi 4 juillet 2011, par

CHAPITRE III, dans les années 50 certaines maladies étaient irrémédiables
LE BON VIEUX TEMPS, ou LE REVE ECOLO
CHAPITRE III, PARTIE 1
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Les conditions de vie et la santé, c’était tout un, bien plus imbriqué que de nos jours. Rien n’est plus éloquent que des exemples.
On l’a oublié, mais l’appendicite frappait durement les enfants. Quand la crise fatale survenait, l’opération était obligatoire, sous peine de péritonite fatale foudroyante.
C’était une opération à haut risque. Je vais vous raconter la mienne, car j’en ai été opéré, à presque douze ans. Une crise violente m’avait pris en plein cours, il a fallu me transporter d’urgence chez le médecin. C’est l’un des instituteurs de mon école qui m’y a amené, dans sa voiture personnelle ; dans la bonne ville de P......, il y avait deux cliniques, celles du Dr C. et celle du Dr R., tous deux chirurgiens. Le médecin appelé diagnostiqua tout de suite une crise d’appendicite aiguë. Il n’y avait pas de temps à perdre, dans l’heure qui suivit, je fus conduit à la clinique du Dr R., où on décida de m’opérer le soir même. Aucune analyse préliminaire....aucun calmant préparatoire à l’anesthésie ; vers le milieu de l’après-midi, je me retrouvai en salle d’opération, nu comme un ver, entouré du Dr R., chef d’orchestre, et de trois infirmières en blouse blanche. On me sangla à la table comme un saucisson. On était en février, la salle d’opération n’était pas chauffée, je mourais de froid. On me rasa le bas du ventre au rasoir électrique. Le Chirurgien affûtait ses bistouris exactement comme un boucher affûte ses couteaux, à la pierre à aiguiser ! Malgré le saucissonnage, la nervosité me tétanisait à un tel point que les infirmières unirent leurs efforts à trois pour me maintenir fermement à la table d’opération de peur que je casse les sangles. Le chirurgien me fourra alors une sorte de masque à gaz sur le visage, qui m’obligeait à respirer ce qu’on y envoyait par un tuyau de caoutchouc. On m’avait prévenu : c’était tout simplement de l’éther ! les premières secondes furent atroces, je crus m’étouffer, m’empoisonner et m’asphyxier tout à la fois. Puis je sombrai.
A mon réveil, une matrone d’infirmière au long cours était près de moi. Le réveil fut une galère innommable, odeur de l’éther partout, nausée incoercible, soif dévorante, mal au ventre qui me cisaillait cruellement et sans répit d’une hanche à l’autre ; l’infirmière me dit : ’’ ça s’est bien passé, la nausée passera, tu auras mal pendant trois jours, mais attention, pendant ces trois jours, ni boire ni manger ; pour soulager ta soif, tu auras droit à une cuillerée à café d’eau toutes les heures, si jamais tu buvais pour de bon tu attraperais une infection intestinale qui te tuerait’’.
La soif était telle qu’elle en effaçait la douleur de la cicatrice. Elle dura bien trois jours, comme l’avait dit l’infirmière. Je ne rêvais que d’eau. Dans mon état déplorable, je me voyais du matin au soir, et toute la nuit, nageant dans un lac ou une rivière, à boire son eau à satiété. C’est là que je compris toute la profondeur du mythe du supplice de Tantale. Je ne vivais que pour la prochaine cuillerée à café d’eau. A chaque fois, que c’était bon ! mais si peu que ça ne faisait qu’exacerber la soif.....inutile de préciser qu’il était impossible de dormir, vu le cocktail de soif et de douleur. Et puis, les trois jours passés, la vie reprit ses droits, peu à peu, et au sixième jour, j’avais retrouvé un état normal, la souffrance était très supportable, je pouvais me nourrir et m’abreuver, on pouvait me visiter. Toutefois la cicatrisation devait encore durer trois semaines pleines avant que tout rentre dans l’ordre.
Hélas, ça ne se passait pas toujours aussi bien. La petite voisine du bas de mon immeuble, Eliane L........, une jeune fille de mon âge dont j’admirais la beauté depuis de longs mois, et à qui je rêvais si souvent, a subi la même opération deux mois après moi, par le même chirurgien. Mais elle est restée sur le billard.....tout le quartier apprit la terrible nouvelle, un beau matin ; consternation silencieuse....on entendait circuler, à mi-voix : ’’péritonite aiguë, en cours d’opération’’. C’était comme ça, personne ne songeait à protester ; on sortait de deux guerres terrifiantes, la population s’était depuis longtemps résignée à cette symbiose entre la vie et la mort.
Les décès d’enfants sur le billard n’étaient pas rares : il y avait les ’’mastoïdites’’, un autre grand tueur oublié (grave inflammation osseuse infectieuse derrière les oreilles). Parmi les infections tueuses, les méningites prenaient une place de choix. Chaque hiver, les pneumonies infantiles fleurissaient, avec leurs fièvres pathétiques. A l’orée du printemps, c’étaient les rougeoles, les varicelles, les scarlatines, par charretées entières. Les familles frappées n’envoyaient plus leurs enfants à l’école, pour limiter les contaminations. Les rubéoles, moins souvent, mais on en voyait. Quelques typhoïdes touchaient des adultes, surtout dans les campagnes. Ce n’est que vers la mi-mai que Dame Nature se calmait, et que la plupart des enfants recommençaient à jouer dehors, en apparente bonne santé. Explication : à cette époque, les antibiotiques tant décriés aujourd’hui n’existaient pas ou n’étaient administrés que dans les cas graves, au compte-gouttes. Il y avait la pénicilline bien sûr, mais seulement pour des blessures ou infections extrêmement graves. Et il y avait la streptomycine, utilisée chez les tuberculeux. L’inconvénient de cette dernière : elle provoquait des cécités dans la descendance des poitrinaires ainsi traités (on disait plus souvent ’’poitrinaire’’ que ’’tuberculeux’’). Nous avions sous les yeux l’exemple du Dr V........, propriétaire de l’unique laboratoire d’analyses de P......Lui-même tuberculeux ’’stabilisé’’ suite au traitement par la streptomycine, il avait eu avec son épouse deux enfants, tous deux nés aveugles....
Toujours dévoré de curiosité, un jeudi après-midi, j’eus l’audace de me présenter dans ce labo d’analyses, âgé de douze ans, pour me faire montrer les microscopes. Les microscopes me passionnaient autant que les télescopes (l’infiniment petit et l’infiniment grand...). La convivialité de l’époque, inimaginable aujourd’hui, était, il est vrai, facilitée par les conditions de vie si dures. Aussi les employés du Dr V. ne firent aucune difficulté pour me montrer leurs microscopes, et ce qu’on y voyait. C’est ainsi que je pus voir, grossis entre 1000 et 4000 fois, de vrais BK (colorés en rouge par le réactif) d’un vrai tuberculeux décelé de frais, mais surtout des tréponèmes pâles, colorés en jaune pâle par leur réactif propre, et tout drôles avec leur impressionnant tire-bouchon imberbe (N.B. un microbe tout pareil, mais velu, est responsable de la maladie de Lyme). Le garçon de labo m’apprit, à mon grand effarement, qu’il y avait à P...... au moins autant de syphilitiques que de tuberculeux, mais qu’on les traitait avec un certain succès par la pénicilline.
On entendait peu parler de cancers, mais il y en avait. Beaucoup tuaient leurs victimes en silence. A la fin de mon séjour en clinique suite à mon opération de l’appendicite, on me transféra dans une chambre commune de sept ou huit lits. Les autres lits étaient occupés par des messieurs d’âge mûr qu’on venait d’opérer de la prostate. presque tous des ouvriers ayant travaillé à la dure toute leur vie : visage buriné, bistre et ridé trahissant leur organisme épuisé. Je me souviens qu’ils se racontaient leur histoire les uns aux autres. C’était toujours la même : ’’moi, ils m’ont tiré tant de litres d’urine et de pus mélangé, et ils ont tout coupé....---et moi c’est pareil mais il a fallu qu’ils aspirent tout avec une petite pompe, j’ai souffert les pierres et maintenant je pisse des lames de rasoir’’....etc etc. Combien de pépés, dans les campagnes, assis prostrés au coin du feu du matin au soir, mouraient d’un ’’phlegmon’’ à la gorge qui ne guérissait pas, qu’on ’’soignait’’ vaille que vaille, à coup de tisanes et de fumigations....faux phlegmons et vrais cancers jamais traités ! ou alors, d’autres pépés qui mouraient comme des mouches ’’de la prostate, il ne faisait que souffrir, il ne sortait plus’’...on ne faisait pas d’histoires pour si peu, c’était la mort qui fauchait sans répit, comme elle avait fauché leurs parents, mais en plus jeunes, à Verdun et au Chemin des Dames....fauchage du temps de paix, aussi actif que le fauchage du temps de guerre....et côté féminin, combien de fermières sont mortes du cancer généralisé après avoir enduré des drôles de boules dans leur poitrine sans jamais les soigner, dans nos si belles campagnes ! ’’elle ne mangeait plus rien, elle n’avait plus d’appétit. Mais elle n’a pas trop souffert, c’est le principal....’’.
Les infarctus et les AVC tuaient à chaque fois, et au premier coup. La réanimation était alors inconnue.....on ne cherchait pas à comprendre les détails : ’’il a eu une attaque’’, ou bien ’’il est mort d’un apoplexie’’, ce qui se disait en moins chic, dans les campagnes : ’’il a eu un coup de sang’’. Une ou deux heures plus tard, le certificat de décès était signé et on préparait l’enterrement.....ça survenait sans prévenir, car la surveillance médicale de prévention était inexistante. Personne ne prêtait attention à son alimentation. C’était déjà si beau de manger à sa faim, après tout ce qu’on avait passé pendant les guerres, surtout la dernière (39-45) qui engendra, à partir de 1943, de véritables famines dans le Midi ! les diabétiques ne suivaient pas de régimes comme de nos jours, aussi le résultat était assuré en un temps record....la cuisine se faisait non pas à l’huile comme de nos jours, mais au saindoux de porc, qui se vendait en grandes vessies de porc bien pleines de saindoux blanc comme neige....même les pommes de terre frites se cuisaient au saindoux !
La polyomyélite prélevait sa dîme chaque automne, principalement chez les enfants prépubères. On ne savait pas trop d’où venait le virus. Certains incriminaient l’eau de nos belles rivières, mais sans vraies preuves. Cependant, à chaque cas nouveau, les journaux recommandaient la prudence quant aux bains en rivière. Mais l’été venu, toutes ces belles recommandations volaient en éclats : la chaleur de l’été aidant, tout le monde se baignait dans l la plupart des cours d’eau comme si de rien n’était. Ces cas de polyomyélite étaient pitoyables : ils laissaient leurs victimes infirmes lourdes à vie, avec boîteries, déformations osseuses, dyslexies catastrophiques, etc. Dans les cas les plus graves, la victime avait de terribles difficultés à respirer et il fallait la confiner dans un ’’poumon d’acier’’, une machine de métal grosse comme deux ou trois cercueils réunis, qui assurait au patient le mouvement perpétuel de la respiration par un procédé mécanique. Le patient vivait ainsi allongé dans cette machine, seule sa tête en émergeait (de nombreuses photos paraissaient dans la presse). Nul ne savait si cette machine guérissait, ni combien de temps ce traitement durait....
Ceux qui avaient eu la chance de couper au poumon d’acier se rééduquaient lentement et se stabilisaient dans une infirmité plus ou moins sévère mais définitive....
Ah ! nos chers écolos, je vous prie de m’excuser de vous demander pardon de vous le dire : c’est à un vaccin qu’on dut de subitement voir disparaître ces horreurs. Ces vaccins que vous vouez aux gémonies de l’environnement. Le vaccin Calmette-Guérin, en effet, fut diffusé dans le grand public en 1958-59 : on achetait de simples sucres dans les pharmacies, qui coûtaient trois francs six sous et qu’on laissait fondre sous la langue, et en deux fois, on était immunisé à vie contre ce terrible virus ! eh oui, chers Duflot et consorts, dommage que vous n’ayiez pas connu le beau temps d’avant ces vaccins ! je ne vais pas jusqu’à vous souhaiter de contracter cette horrible maladie, mais j’aimerais que vous ayiez vu de vos propres yeux ce virus à l’oeuvre comme moi je l’ai vu....car ce n’est rien d’en parler ni de me lire, il faut l’avoir vu, avoir vu ses proches, ses copains du jour au lendemain dans le poumon d’acier, pour se forger une opinion sérieuse sur les vaccins.
FREDELAS
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LE BON VIEUX TEMPS, ou LE REVE ECOLO
FIN DU CHAPITRE III, PARTIE 1
