LA VRAIE CRISE EST DEVANT NOUS
jeudi 12 avril 2012, par

Dans le ’’haut’’ personnel politique, personne n’explique la vérité ni même ne la dit.
C’est quoi au juste ces crises ?
L’équation est simple : raisonnons avec l’euro par exemple (on pourrait en faire autant avec le dollar, le yuan ou le yen).
La masse monétaire globale de la zone euro est constituée des numéraires en circulation plus les lignes de crédit dans les banques. Les responsables de l’euro admettent une création monétaire de l’ordre de 3 pour 100 l’an.
Si on augmente la masse monétaire sans augmentation parallèle de la richesse produite, c’est mathématique, les prix nominaux augmentent, c’est-à-dire que pour obtenir le même produit ou le même service, on le paiera plus cher, à proportion de la masse monétaire créée de cette façon, ex nihilo. En revanche, si la masse monétaire augmente d’une proportion voisine d’une création parallèle à peu près équivalent de richesses nouvelles, les prix resteront stables. Les autorités européennes admettent 3 pour 100 de gonflement de la masse monétaire euro parce que 3 pour 100 l’an est à peu près ce qu’on escompte d’augmentation annuelle à long terme des richesses produites dans la zone euro.
D’où une première contrainte : la monnaie ne peut rester saine et stable que si la création de richesses (ce qu’on appelle la ’’croissance’’) suit une courbe parallèle à celle de l’augmentation de la masse monétaire.
Maintenant nous allons voir une deuxième contrainte, qui concerne chaque état de la zone en particulier. Si un état donné, disons par exemple l’état F, ne vote que des budgets en équilibre, tout va bien. Mais s’il vote des budgets en déficit, il va falloir financer ces déficits. Comment ? toute une palette de solutions s’offre à lui :
1) vendre du patrimoine de l’Etat (= ’’privatiser’’). Fort bien, mais ça n’a qu’un temps, à un moment, ce patrimoine se réduit comme peau de chagrin, et s’épuise.
2) augmenter les impôts. L’impôt, c’est ce que l’Etat vous pique dans votre poche par la force pour financer le déficit qu’il a voté et dont il n’avait pas le financement. Fort bien, mais ça plombe le niveau de vie, ça engendre des envies de frauder, de ne pas faire partie des victimes du fisc, ça engendre donc du chômage, du marasme économique, les artisans ont moins de clients, etc etc et au final le chômage et le travail au noir s’envolent.
3) Emprunter sur les marchés financiers. C’est ce que fait F depuis Maastricht. Les reconnaissances de dettes engendrées sont assorties d’un intérêt, qui se rajoute, à l’échéance, au capital dû. Pourquoi un intérêt ? tout simplement parce que les prêteurs anticipent l’érosion monétaire, qui est pour ainsi dire mécanique à partir du moment où on emprunte. Même si le pacte de stabilité est respecté, il ne l’est pas exactement et la distorsion est systématiquement due à une érosion monétaire. Pour mémoire, la monnaie la plus stable qu’ait connue le monde occidental moderne, le franc germinal de Napoléon Bonaparte, s’est érodé de 40 pour 100 en 110 ans, ce qui représente à peu près une érosion monétaire moyenne de 0,5 pour 100 l’an sur la période. Ne pas demander d’intérêts, c’est donc prêter à perte, ce qui à terme mène le prêteur dans le mur. Donc quand on emprunte sur les marchés financiers, il se rajoute au capital dû un intérêt parfaitement légitime.
Si le taux de cet intérêt est inférieur aux 3 pour 100 du pacte, le prêteur court de grands risques d’avoir prêté à perte en termes réels (c’est-à-dire corrigés de l’érosion monétaire).
4) Emprunter auprès du public, ce qui diffère sensiblement de la solution 3). Inconvénient : il faut que le public suive, or à la longue il peut se lasser et l’emprunt n’est pas couvert.
Noter que les solutions 3) et 4) ne sont pas nécessairement une hérésie, surtout si elles ne sont appliquées que pour financer une partie du déficit. En effet, dans le budget déficitaire, colonne ’’charges’’, il existe toujours une partie de remboursement de capitaux arrivés à échéance. Si l’emprunt reste du même ordre de grandeur que ces capitaux qu’on vient de rembourser, la dette n’augmente pas. Mais elle ne diminue pas.
5) Actionner la ’’planche à billets’’, c’est-à-dire augmenter directement la masse monétaire globale soit par des émissions de monnaie numéraire (papier monnaie) soit par des lignes d’écriture de crédit écrites par les banques centrales (autorisées à émettre de la monnaie), crédit consenti moyennant un faible taux d’intérêt aux banques ordinaires de dépôt et de commerce. Inconvénient : s’il n’y a pas création de richesses concordante avec cette création de monnaie, on est en plein dans l’érosion monétaire délibérée, ce qu’on appelle la ’’spirale inflationniste’’.
Toutes ces solutions ont déjà été appliquées en France depuis 1789, et même, à échelle moins vaste, depuis la nuit des temps.
Les conseillers de Marine Le Pen affirment que la solution 5) pourrait être appliquée sans danger, en abandonnant l’euro, donc en recouvrant notre capacité à émettre de la monnaie par la Banque de France, à qui l’Etat emprunterait le montant de ses déficits à taux zéro, ce qui, à les en croire, diminuerait massivement notre dette publique. Ce qui revient très exactement à la solution 4) avec taux d’intérêt nul.
C’est pure illusion ! car si l’argent ainsi prêté est de la création monétaire pure, on est dans la spirale inflationniste la plus terrible qui soit, sans aucun garde-fou puisque la garantie de l’intérêt est supprimée pour les prêteurs. Si cet argent prêté est pris sur les dépôts des particuliers et/ou ’’investisseurs professionnels’’ (assurances, etc), cet argent est prêté à perte, donc le prêteur est spolié. Or le prêteur,c’est vous et moi dans nos contrats d’assurance-vie, dans nos dépôts bloqués, nos PEL, etc. Prêté à taux zéro, cet argent se voit amputé au fil du temps de la fraction qui traduit l’érosion monétaire. Ce processus va très vite, par exemple un franc Pinay (=100 anciens francs) placé à la Caisse d’Epargne de 1959 à 2009 et sur lequel on a recapitalisé les intérêts servis à chaque annuité a perdu, en cinquante ans ; QUATRE VINGT POUR CENT DE SA VALEUR REELLE. Qui peut accepter pareille fonte de son capital placé ?
Ainsi la spirale inflationniste tout à la fois RUINE LES PRETEURS et DETRUIT LA VALEUR REELLE DE LA MONNAIE. Ce qui se traduit par une dépréciation correspondante de notre monnaie par rapport aux autres monnaies qui, elles, financent leurs déficits sans ruiner leurs prêteurs.
Exemple : le franc Pinay, en 1969, valait à peu près un franc suisse. En 1979, il fallait près de QUATRE francs français pour obtenir un franc suisse.
La solution de Marine Le Pen est donc un monumental HOAX. Elle ruinerait les prêteurs quels qu’ils soient tout en ruinant notre monnaie sur les marchés financiers internationaux. Voilà de quoi se paierait la facilité trompeuse du taux d’intérêt nul pour financer du déficit. Au bout de la route, que trouve-t-ton ? le refus de prêter à l’Etat, la coercition pour lancer des emprunts forcés, les impôts accablants pour essayer de sortir de la nasse, la mortelle STAGFLATION (=inflation+marasme économique), la descente aux enfers du niveau de vie, le chômage de masse, les troubles sociaux, le désordre monétaire et l’austérité générale pour au moins une génération, la ruine des retraites, la baisse générale des revenus réels, et autres joyeusetés. Exemples : la Grèce, et bientôt l’Espagne sauf miracle.
Tout ce qui précède nous montre la cause principale des ’’crises’’ : c’est toujours et toujours, LA MENACE DE LA RUINE DES PRETEURS SUITE AUX DEFAUTS DE PAIEMENT, PRESENTS OU IMMINENTS, des Etats emprunteurs invétérés qui accumulent des déficits en les finançant par des emprunts échafaudés les uns sur les autres. Dans la crise des subprimes américains, le défaut de paiement était celui des emprunteurs qui finançaient de l’immobilier à coup de crédits aux taux prohibitifs. Le folie initiale a été de prêter à tous ces candidats à l’accession à la propriété, sans vérifier leurs capacités de paiement, en s’imaginant qu’on remplaçait la garantie de solvabilité par celle de taux d’intérêt souvent usuraires.
Dans le cas de la Grèce, la folie initiale a été de prêter à un Etat socialiste qui n’avait pas le moindre fifrelin pour garantir le remboursement, mais qui avait truqué ses comptes pour faire croire le contraire aux prêteurs.
Dans le cas de l’Espagne, c’est à voir, mais on se doute bien que l’insensée bulle immobilière récente est impliquée de près ou de loin.
J’ai dit plus haut que toutes les solutions ont déjà été essayées dans le passé. Voyons cela de plus près :
Dans le cas de la France entre 1916 et 1924, c’est la solution 4) qui a été employée à grande échelle. La chambre Bleu Horizon a accumulé pendant les cinq ans de 1919 à 1924 des emprunts les uns sur les autres, en prétendant que ce n’était pas inflationniste sous prétexte que le Traité de Versailles nous accordait un énorme tribut dû par l’Allemagne, appelé ’’Réparations’’. Le slogan de tous ces apprentis sorciers était ’’L’Allemagne paiera’’. Le hic est qu’ ELLE N’A JAMAIS PAYÉ, sinon quelques cacahuètes quand Poincaré fit occuper la Ruhr en 1922-23 et quelques autres à chaque réduction des Réparations demandée et obtenue par nos ’’Alliés’’ au cour de divers plans restés tristement célèbres (Plan Dawes, plan Young, etc). Résultat : en 1924, le Bloc National (de droite), pris à la gorge pat cette monstrueuse dette publique, se suicida électoralement, en toute conscience, pour passer la patate chaude à la gauche (’’victoire’’ du ’’Cartel des gauches’’ de 1924 ; en fait, cette majorité du Cartel ne gouverna à gauche qu’un an, à partir de 1925, ce fut la droite qui reprit les rênes mais au nom du Cartel).
Résultat du résultat : alors que Poincaré, en 1926, s’était fait élire sur sa promesse solennelle de restaurer la valeur du franc à son niveau de 1914, eh bien toute honte bue, en 1928, le même Poincaré mena à bien la division officielle par six du franc de 1914 par rapport à l’or et aux monnaies fortes occidentales (livre sterling et dollar). CE QUI RUINA LES PRÊTEURS. Cette géniale opération, souhaitée depuis longtemps, par certains milieux d’affaires, fut appelée ’’stabilisation du franc’’, expression inventée pour ne pas utiliser le mot tabou ’’dévaluation’’. Et on redonna bonne conscience à Poincaré eu le proclamant ’’le sauveur du franc’’ dans toute la presse unanime...
Cette ruine fut dramatique : les personnes âgées avaient souvent prêté à l’Etat leurs économies d’une vie pour se constituer une petite retraite par capitalisation. Leur ruine, pour les plus modestes d’entre eux, les conduisit tout droit à la FAMINE. C’est pourquoi Tardieu, conscient de cette catastrophe sociale, créa le premier système d’assurance-vieillesse en 1928-29, qui permettait à ces pauvres prêteurs de ne pas mourir de faim.
Observez bien ceci, chers lecteurs ; quand on ruine les prêteurs, on ruine non pas de sales capitalistes à gros cigare, gilet rayé ballonné, haut de forme à étoile de David, lèvres charnues et nez crochu à souhait comme on en trouvait naguère à foison des caricatures dans le ’’Krokodil’’, mais des tas de pauvres gens, souvent modestes ou très modestes, qui avaient placé leur argent à la banque en toute confiance. C’est pourquoi il est non seulement faux de laisser croire qu’on pourrait emprunter à taux zéro sans ruiner le monnaie, mais en outre c’est profondément immoral, car cela crée nécessairement, à un endroit ou un autre, une immense misère sociale.
Poursuivons cette petite revue des expériences du passé : entre 1914 et 1945, la valeur du franc par rapport à l’or a été divisée par UN FACTEUR COMPRIS ENTRE 100 et 250 suivant les secteurs de l’économie considérés. Pourtant l’Etat avait fini par prendre l’habitude d’emprunter sans le dire à taux zéro à la Banque de France, par le système dit des ’’avances de la Banque de France’’ à l’Etat. Sans doute les conseillers de Marine Le Pen n’ont-ils pas étudié à fond l’histoire économique de cette période !
Entre 1945 et 1959, l’Etat a pratiqué une politique de ’’planche à billets délibérée’’, en se justifiant à mi-voix par un keynésianisme mal digéré.
Résultat : une spirale inflationniste sans précédent, qui s’est terminée, on l’a oublié dans les coulisses du FN, par un humiliant prêt du FMI à la France, en 1956-57. Ce prêt fut de 600 milliards d’anciens francs, et bien entendu assorti d’un tas de conditionnalités tatillonnes dont je vous fais grâce. Un des tout premiers actes de De Gaulle revenu au pouvoir en 1958 fut de rembourser cet humiliant prêt. Il pouvait se le permettre, car son retour a fait revenir en masse des capitaux énormes qui s’étaient envolés depuis le Front Populaire. (Pour mémoire à l’intention de ceux qui s’intéressent à notre Histoire : dans le tout premier gouvernement de de Gaulle entre mai 1958 et Noël 1958, date où il fut intronisé pdt de la République (mais non au suffrage universel), AUCUN MEMBRE DE SON GOUVERNEMENT NE POSSEDAIT MOINS DE 50 MILLIARDS ANCIENS À SON COMPTE EN BANQUE PERSONNEL. (source : ’’Gaullisme et Grand Capital’’, de Henri Claude, Editions Sociales).
Il nous faut maintenant conclure : que faire ? Il n’existe pas de solution miracle, il n’en existe qu’une porteuse d’espérance et d’avenir pour notre pays : LA FRANCE DOIT REMBOURSER SES DETTES. La morale, l’honneur, le sort futur du pays en dépendent. Seul un gouvernement qui dira la vérité peut y parvenir. La vérité est très simple : il faut aller chercher les ressources de ce remboursement dans la création de richesses, par le travail, l’inventivité, l’innovation, le sérieux, l’honnêteté, la persévérance, la recherche continue de la qualité. Nous avons vu que l’impôt sans croissance sera mortel. Que la planche à billets ne sera que recul pour mieux sauter, avec un réveil catastrophique. Que les échafaudages d’emprunts finissent comme les châteaux de cartes.
Pour créer des richesse suffisantes afin au moins de ne pas perdre (trop) de niveau de vie, IL NOUS FAUT IMPERATIVEMENT TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER AUTANT MAIS PAS PLUS. Il faut en finir avec les semaines des quatre jeudis, les vacances d’après préparées le jour même où on rentre de celles d’avant, IL FAUT EN FINIR POUR DE BON, ET NON EN PAROLES, AVEC L’ASSISTANAT.
Ceux qui s’offusquent de ce programme ne sont pas de bonne foi. Je pourrais montrer plusieurs exemples de personnes qui ont MENE UNE VIE ENTIERE DE CHOMEURS PROFESSIONNELS ET SE SONT CONSTITUÉ, EN TRAVAILLANT AU NOIR, DES PATRIMOINES ELIGIBLES A L’ISF. Il est facile aussi de vérifier qu’un bénéficiaire du RSA qui travaille à temps partiel vit mieux qu’un smicard qui bosse à plein temps, car le smicard va perdre toutes les aides.
En résumé, quel que soit le prochain élu, s’il ne prend pas ce problème à bras-le-corps, eh bien on ira tout droit vers un désordre monétaire de première grandeur dont nous ferons tous les frais, et au prix fort. Je ne donne pas cher, alors, des entreprises françaises, elles passeront en grande partie sous contrôle étranger, et notre niveau de vie, déjà bien mité par des années de crises cycliques, s’effondrera durablement. Nous deviendrons alors ce ’’pays où l’on viendra se promener’’ . qu’évoquait Raymond Barre dans un des ses discours de Premier Ministre.
A contrario, vu l’effort de longue haleine que va demander ce remboursement, l’élu devra s’attaquer sans pitié aux dépenses nocives autres que celles de l’assistanat et du chômage excessif. Parmi elles, en priorité, il faudra des coupes sombres dans les budgets des collectivités locales, dont trop d’édiles ont exagéré dans le pharaonique inutile ; et en égale priorité, il faudra enfin s’attaquer de front aux dépenses insensées causées par l’immigration de peuplement (notamment clandestine) qui détruit nos régimes sociaux et notre cohésion nationale. Il y a dans ces deux priorités de quoi rembourser une bonne part de notre dette !
FREDELAS
N.B. le ’’Krokodil’’ est un journal humoristique soviétique qui connut son apogée sous Brejnev. Il était rempli de caricatures, à 90% antisémites. Aucun organe de presse parisien de la période 1939-45 n’atteignit jamais un degré d’abjection antisémite comparable à celui du ’’Krokodil’’. J’atteste, pour l’avoir constaté de mes yeux sur place, qu’il était lu à grande échelle par les moscovites. On le trouvait partout, dans les kiosques d’hôtels par exemple. On le lisait librement. Je n’ai jamais entendu personne protester, même pas des communistes français garantis pur porc qui le voyaient de leurs yeux comme moi. Pour eux, du moment qu’il émanait du Pays du Bien, l’antisémitisme extrémiste ne pouvait être que normal et moral.....
