Dette : une solution
mardi 29 mai 2012, par

La France a 1700 mds d’euros de dette publique. Cela fait environ 26000 euros par français vivant.
Je propose ici une solution dans le droit fil de l’orthodoxie financière, susceptible d’effacer la dette en un temps humainement acceptable et sans souffrances inutiles.
La France a 1700 mds d’euros de dette publique. Cela fait environ 26000 euros par français vivant.
Je propose ici une solution dans le droit fil de l’orthodoxie financière, susceptible d’effacer la dette en un temps humainement acceptable et sans souffrances inutiles.
Nous devons cet argent à des organismes financiers, essentiellement banques ou compagnies d’assurances, moyennant des taux d’intérêt bas, inférieurs à 3% l’an. Néanmoins, la masse imposante de la dette rend ces intérêts nocifs pour nos budgets publics.
Au lieu de philosopher sur l’immoralité de l’univers financier, il est plus efficace et moins dangereux d’en assimiler les règles et d’utiliser ses opportunités.
Au lieu d’excommunier et proscrire les ’’riches’’ en les livrant tout crus à la vindicte et à l’opprobre des ayatollahs gauchistes, il est peut-être plus intelligent de les retenir, voir d’attirer ceux qui sont partis, et de les faire contribuer volontairement au sauvetage de la partie en danger.
Ce sont ces principes qu’a appliqués avec un plein succès le Premier Consul Napoléon Bonaparte, en les ans VIII et IX du calendrier républicain (années 1800 et 1801) : il héritait d’une situation financière pire que la nôtre (six années d’arriérés d’impôts), d’un pays encore plus démoralisé où personne n’attendait plus rien de l’Etat, et où les bandes organisées de gangsters de grand chemin infestaient les routes. Il a su rassurer les riches et les faire contribuer sur leurs fortunes personnelles, sans confiscation, sans violence, au redressement national. Ce n’est pas ici notre propos de relater minutieusement la façon géniale dont il s’y prit ; disons qu’il créa successivement la Caisse des Dépôts et Consignations, puis la Banque de France, enfin le Franc Germinal, qui dura jusqu’en 1914. Durant 110 ans, le Franc Germinal ne s’éroda en tout que de 40%, soit une moyenne annuelle de 0,5% d’érosion monétaire. Ceux de mes lecteurs intéressés pourront se reporter à l’ouvrage ’’Histoire du Consulat et de l’Empire’’ d’Adolphe Thiers, où ce redressement extraordinaire est analysé jusque dans les moindres détails. On savait Napoléon militaire de haut niveau, excellent mathématicien, et là, on le découvre financier astucieux, avisé, à la fois prudent et audacieux, bref, d’une intelligence hors du commun. Même de nos jours, on se dit, à lire ce texte, qu’il en remontrerait à nos modernes traders !
Mais revenons-en à notre dette. Premier constat, avec lequel les plus hargneux de nos gauchistes ne pourront qu’être d’accord : seuls les riches peuvent nous tirer de là. Autrement dit, tout attendre de l’impôt sur le vulgum pecus est idiot et suicidaire sous tous les angles. A partir de là, notre suggestion prend le contrepied de celles des gauchos. Les riches, il ne faut rien leur confisquer, ils ont besoin d’être rassurés ; il ne faut pas les contraindre, mais leur démontrer, chiffres en mains, qu’ils ont tout intérêt à aider volontairement au sauvetage du pays. Et au lieu de leur faire de la morale, il faut pénétrer leur psychologie et agir dans leur univers financier en en respectant les règles.
Cela posé, il faut éditer des bons de la dette, de valeurs variées allant de mille à cent mille euros. Ces bons pourront être achetés par n’importe qui, personne morale ou physique. Il faut en créer de deux sortes :
1) les bons de première catégorie donnent à leur acquéreur une rente viagère payée par l’Etat, à taux de 3% l’an du capital souscrit.
2) les bons de seconde catégorie portent intérêt au taux de 3% l’an, non capitalisables mais en contrepartie, non imposables au titre de l’impôt sur le revenu. ils deviennent remboursables par l’Etat, au pair, à tout moment à partir de la dixième année suivant leur émission. En outre, ces bons de seconde catégorie, en cas de décès de son détenteur, ne subissent qu’un taux réduit de droits de succession, égal à 15% de leur montant.
Les montants précis donnés ci-dessus ne sont qu’indicatifs, des commissions de spécialistes peuvent affiner pour optimiser ces montants dans l’intérêt mutuel des souscripteurs et de l’Etat. Mais une fois déterminés, ces montants deviennent immuables et bénéficient de la garantie de l’Etat.
Une fois lancés, ces titres de rente ou de seconde catégorie sont anonymés et lancés sur le marché financier, donc livrés à la spéculation. Outre les deux avantages ci-dessus, il faut faciliter leur circulation en leur appliquant un régime de plus-valus généreux, par exemple une taxation forfaitaire de 15,5 % de la plus-value produite par toute transaction (15,5% est le taux des cotisations sociales) . Cette plus-value ne doit être calculée que sur le montant nominal du bon.
Le produit de ces bons ne doit servir qu’à libérer l’Etat d’une partie de sa dette. Il s’agit donc pour l’Etat du remplacement d’une dette par une autre, mais la dette de remplacement est beaucoup moins onéreuse pour lui. En effet, les bons en rente viagère, par définition, libèrent définitivement l’Etat du capital égal à la valeur nominale initiale du bon. Et les bons de seconde catégorie, fonctionnant comme des obligations, voient leur valeur de remboursement par l’Etat rester fixe même en présence d’une érosion monétaire. Ce qui signifie qu’à la longue, la valeur réelle des remboursements demandés décroît. Cependant, l’avantage sur les droits de succession l’emportera de loin sur l’inconvénient, pour les souscripteurs, de la non-indexation sur l’érosion monétaire. Cet avantage sera bien plus incitatif que la confiscation ou que la coercition d’un emprunt forcé.
Une fois tous ces bons en circulation, on laisse leurs détenteurs les acheter ou les revendre à leur gré sur le marché financier, donc en bourse.
Pourquoi s’emporter contre la spéculation ’’normale’’ ? c’est aussi vain que la police des braguettes ! qu’il soit mis de l’ordre dans les produits financiers à ’’effet de levier’’ ou dans les ventes à découvert, passe encore. Mais il faut laisser aux détenteurs de valeurs boursières toute latitude de réaliser des affaires bonnes ou mauvaises ; ce n’est pas la loi du marché, c’est la loi même de la vie ! prendre des risques et les assumer, c’est un droit fondamental, entre adultes consentants ! va-t-on se faire materner par BBS (Big Brother Socialiste) dans le moindre détail et jusque dans la gestion de nos affaires ?
D’ailleurs la qualification d’une même affaire comme bonne ou mauvaise peut varier d’un individu à l’autre. Par exemple, un détenteur de bons de seconde catégorie peut réaliser une bonne affaire en revendant à perte : supposons en effet qu’il revende au bout de quatre ans, à un prix inférieur de 10% au prix nominal. Ayant perçu des intérêts de 3% l’an pendant quatre ans, il gagne encore 2% nominalement, et s’il a besoin de la liquidité ainsi obtenue, tout s’est bien passé pour lui. Son acquéreur gagnera 10% sur le nominal s’il revend à l’Etat au bout de six ans supplémentaires (pour arriver aux dix ans avant de pouvoir être remboursé) ? cet acquéreur aura perçu 18% du nominal en intérêts, non imposables et en plus il empochera ces 10% du nominal ? excellente affaire certes, mais où est le mal ? si on veut que l’argent sorte des repaires où il se cache, il faut agiter des carottes et pas des bâtons ! l’Etat n’est pas spolié, bien au contraire, puisque l’investisseur initial lui aura permis de se libérer tout de suite d’une dette contraignante !
Mais il y a fort à parier que le succès des bons, grâce notamment au taux réduit de taxation de plus-value et d’impôt sur les successions, rendra rarissimes ou inexistants les cas de transactions à perte sur le nominal. Il y a fort à parier qu’au contraire, les valeurs effectives de transaction dépasseront de loin le nominal des bons, auquel cas l’Etat sera gagnant puisqu’il empochera 15,5% de la plus-value, et puisque la plus-value se calculera à chaque fois sur la valeur initiale de lancement du bon.
Le Premier Consul Napoléon avait fait vendre à l’Etat de la rente, qui au départ avait une valeur nominale de 12 francs, très sous-évaluée (gagée sur des biens nationaux, donc invendable). En quelques mois, une fois la confiance rétablie, cette valeur monta à 60 francs, et ce niveau se révéla durable sur des décennies ! du coup, tout le monde fit d’excellentes affaires, l’Etat aussi bien que les particuliers spéculateurs devant l’Eternel ! et tout cela, sans la moindre inflation ! qui dit mieux ?
Ma conclusion : au lieu de se flageller, de se mortifier, de s’entre-déchirer, de gémir sous le joug d’un prétendue morale financière au fond parfaitement arbitraire, l’Etat et les responsables politiques feraient bien mieux de se plonger dans l’étude approfondie des mécanismes financiers de notre époque et d’en tirer de bonnes idées pour terrasser notre dette en moins de deux ! et mieux, pour trouver en même temps des moyens d’améliorer le niveau de vie général ! car c’est en étudiant la finance qu’on la moralisera le mieux, pas en l’excommuniant stupidement en chaire, a priori, par principe, pour se faire élire en usant de démagogie aussi facile que honteuse. Evidemment, ça nécessiterait des efforts notables de la part de tous : se plonger dans l’étude des mécanismes financiers est un vrai travail, qui demande certaines aptitudes. On m’accordera que ces aptitudes parurent largement absentes chez certains des candidats à l’élection présidentielle. ce qui signifie que dans leurs incantations et leurs diabolisations, ces candidats-là parlèrent de ce qu’ils ne connaissent pas. Où voulez-vous que cela les mène ? et, plus grave, si l’élection leur donnait des responsabilités, où voulez-vous que cela nous mène ? le résultat n’est pas difficile à deviner, hélas ! et à la base de tous nos malheurs, que trouverait-on, encore et toujours ? les deux ennemis jurés de l’humanité : la ’’BETISE AU FRONT DE TAUREAU’’ et l’IGNORANCE.
FREDELAS
