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ENERGIE EUROPÉENNE. PARTIE II : L'ALLEMAGNE ET L'ATOME

ENERGIE EUROPÉENNE. PARTIE II : L’ALLEMAGNE ET L’ATOME

jeudi 21 juin 2012, par Fredelas

Nicolas Sarkozy ne jurait, dans sa campagne présidentielle, que par l’exemple allemand. Il nous vantait son déficit zéro, son extraordinaire réseau de PME (là, c’est vrai), son syndicalisme fort et responsable, etc. Ces louanges étaient-elles pleinement méritées ?


N’aurait-il pas plutôt fallu rester lucide et, tout en reconnaissant les bons côtés, critiquer poliment mais sans complaisance les côtés moins bons, juste assez pour rester fiers de ce qui est plutôt mieux chez nous qu’outre-Rhin ?

Car tout n’est pas rose dans la grande Allemagne réunifiée : le SMIC n’y existe pas, et en conséquence, bien qu’on n’évoque ce fait que rarement, des centaines de milliers de citoyens allemands non chômeurs travaillent pour à peine 400 euros mensuels. On laisse chacun imaginer leur existence, dans notre Europe développée....devrions-nous considérer comme un exemple ce type de politique sociale ?

On nous vante la fiscalité allemande, en nous brandissant des chiffres abstraits : elle n’absorberait que tant pour cent du PIB contre tant pour cent chez nous. Mais cela n’en donne qu’une idée fausse, car là-bas nombre de salariés ne sont pas à la noce, par suite d’un impôt sur le revenu (impôt direct) bien plus brutal qu’en France : pas ou presque pas de prise en compte des charges de famille, des salaires, même bas, taxés au premier euro gagné, ce qui fait que l’équivalent d’un smicard français redonne chaque année au fisc, là-bas, plus d’un mois de ses salaires, et cela, malgré une tva plus dure que la nôtre, puisque les taux réduits pour produits de première nécessité n’y existent pas. Les fonctionnaires son taxés à mort. J’ai connu un collègue qui se voyait obligé d’emprunter aux banques pour s’acquitter de ses impôts directs.


En Allemagne, si vous téléphonez à votre médecin parce que vous n’avez pas bien compris son ordonnance, à la fin du mois il vous envoie gentiment une facture de ’’consultation par téléphone’’. Que diraient nos compatriotes si nos médecins en faisaient autant ?

On ne comprend rien à ce qui se passe aujourd’hui si on oublie que l’Allemagne, par traités dûment signés par les parties après l’effondrement du nazisme, a été interdite d’armement atomique depuis qu’il en existe, Certes, vu la compétence des physiciens allemands, il serait facile à ce pays de se doter d’une industrie militaire centrée sur l’armement atomique. Mais cinquante-cinq ans de retard sur la France, qui a commencé à mettre son armement atomique sur pied dès 1957, ne se rattrapent pas en quelques années ! dur, dur pour la patrie de Max Planck et de Heisenberg !

Cette situation explique l’apparente irrationalité de certains comportements allemands. Tout est dans le non-dit ; ’’y penser toujours, n’en parler jamais’’ : pour la France, ce principe s’appliquait à l’Alsace-Lorraine de 1871 à 1914. Pour l’Allemagne, il s’applique à son statut discriminatoire vis-à-vis de l’armement atomique. Qu’on le veuille ou non, l’élite d’outre-Rhin, secrètement, ne l’avale pas. Ce dépit rentré met des barrières invisibles à la réalisation d’une véritable union européenne. On a beau gloser avec des trémolos sur l’indéfectible amitié franco-allemande ’’colonne vertébrale de l’union européenne’’, quel français, en effet, accepterait de gaîté de coeur une Allemagne, réunifiée depuis déjà vingt-deux ans, qui serait maintenant nucléarisée ? quel dirigeant français, de droite ou de gauche, confierait la clé de notre force de frappe à un état-major collégial, construit dans des règles d’égalité absolue, ouvert à l’armée allemande comme aux autres ? quelle proportion de l’opinion française accepterait cela ? l’ombre de la terrible aventure nazie se projette toujours sur toutes ces questions, et pour longtemps encore....

Qu’on ne me dise pas que je retarde, que je regarde en arrière, que je suis dépassé ! si c’était vrai, continuerait-on à diaboliser le Front National, avec le succès que l’on sait, avec de sempiternelles références à la seconde guerre mondiale, continuerait-on à diffuser tous ces nombreux films sur cette satanée WW2, sur l’Occupation de la France, sur la Résistance, continuerait-on à couvrir Philippe Pétain d’opprobre, enseignerait-on la Shoah dans les écoles ? le fonds paraît toujours aussi inépuisable.....décidément, le temps de l’oubli est loin d’être arrivé......

Il fallait voir, après la mise au point de la bombe H par les français, les innombrables articles de journaux allemands là-dessus ! je me souviens de l’un d’entre eux qui montrait des photos de de Gaulle, en tenue antiatomique, s’apprêtant à inspecter les installations de Taverny. En sous-titre, on pouvait lire : ’’und ein hourra fur Frankreich !’’.

C’est sur cette toile de fond psychologique qu’il faut jauger le reste de la politique énergétique allemande. Contrairement à la France, elle est assise sur l’énorme tas de charbon de la Ruhr, qui lui assure une forte indépendance énergétique en cas de crise pétrolière grave et durable. Ce charbon peut être liquéfié, et peut aussi être gazéifié, pour produire des carburants de véhicules à moteur à explosion, ainsi que comme combustible pour centrales électriques thermiques. Le prix environnemental serait lourd, très lourd, déjà le taux de CO2 émis par l’Allemagne est angoissant ; mais la survie économique à court et moyen terme serait assurée.

Le France n’a ni pétrole, ni charbon abondant rentable. Elle a des gaz de schistes, mais le coût environnemental de leur exploitation en serait insupportable et créerait des tensions sociales ingérables de ce fait. Sans le nucléaire, la France serait 100% à la merci de ses fournisseurs en pétrole et en gaz naturel. Cette inégalité rend suspectes toutes ces pressions anglo-saxonnes pour nous faire abandonner notre programme nucléaire. Elle rend encore plus suspectes les actuelles protestations allemandes contre nos centrales nucléaires, qui, à les en croire, les menaceraient (sans préciser en quoi). Pourquoi nos écologistes nationaux ne protestent-ils pas contre le désastreux bilan actuel de l’Allemagne pour ses émissions de CO2 et de GES ?

Dans la partie III, nous étudierons de près la véritable situation allemande du point de vue énergétique et environnemental. Notre but n’est que de donner à nos lecteurs toute l’information nécessaire pour juger en connaissance de cause. Nous le ferons en toute impartialité, sans état d’âme.


Voir en ligne : Pour mémoire la partie I ici


4 Messages de forum

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  • Le sénile Rocard renouant avec son passé gauchiste flniste vient de proposer la suppression de la force de frappe

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    • C’est une illustration de plus que le socialisme est une idéologie de mort.

      Staline : ’’ Tout va à la mort ’’.

      Giap (autre crapule gaucheuse, responsable de millions de morts au Vietnam) : ’’La vie et la mort ne comptent pas’’.

      Saint-Just, autre crapule gauchiste de notre Grrrraââânde révolution) : ’’pour construire notre société de justice, nous sommes prêts à éliminer la mauvaise moitié de la population’’

      etc etc etc

      Yves Rocard, grand physicien français de l’après-WW2 et père du gâteux Michel, méprisait ce fils, dont il disait ’’il a fait de la politique parce qu’il n’était bon à rien’’.

      Tout est dit !

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  • Sur les gaz de schiste on entend tout et son contraire, vous en pensez quoi ?

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    • GAZ DE SCHISTES

      puisque la question m’est posée, je réponds ici à titre personnel.

      1) C’est une énergie fossile, dont l’exploitation présente un coût environnemental

      2) Ce coût environnemental est un objet de controverses. Cependant en aucune façon ce coût ne peut être anodin. Fracturer des roches en profondeur, sous terre, qui plus est en utilisant pour cela beaucoup d’eau et pas mal de produits chimiques, n’est a priori pas bien sympathique, et surtout ne semble pas se prêter à de bien fiables prévisions quant aux conséquences à moyen et long terme. Les conséquences sur les nappes d’eau souterraines peuvent être néfastes et que les partisans de cette source d’énergie ne me fassent pas rire en prétendant les maîtriser. Car vivants depuis de longues années en plein milieu rural, je constate qu’on n’a à ce jour trouvé aucune méthode (autre que de creuser) pour détecter l’eau même à moins de 20 m de profondeur, alors prétendre savoir et prévoir le comportement et l’existence de l’eau à 1000 m sous terre et plus relève du plus pur charlatanisme. On n’a pas le droit de jouer aux dés avec la nature.

      Parlons uniquement d’eau douce :
      L’eau souterraine est estimée de quatre à dix fois plus abondante que l’eau douce de surface, certains disent même encore plus. Alors que l’eau est appelée à devenir une denrée plus précieuse que le pétrole dans un proche avenir, ce n’est pas très intelligent de prendre des risques de pollution de cette eau souterraine. D’autant plus que l’eau, ça coule, ça traverse à la longue même les terrains réputés imperméables. Imaginons un seul instant l’horreur d’une pollution de la nappe phréatique alsacienne (de Bâle à Karlsruhe), la plus importante nappe d’Europe !

      3) en tant qu’énergie fossile, l’énergie des gaz de schistes est non renouvelable, donc une énergie d’arrière-garde. La facilité énergétique temporaire qu’elle entraînerait freinerait dramatiquement la recherche d’énergies efficaces, abondantes et propres. Notamment les recherches pour recycler la totalité des combustibles nucléaires dans les centrales à fission modernes (actuellement, les réserves d’uranium prouvées assurent trois mille ans d’approvisionnements es centrales même si leur nombre augmente ; chiffre donné pat Anne Lauvergeon à France Inter il y a une quinzaine de mois ; mais on peut encore progresser dans les techniques de surrégénération, grâce auxquelles les déchets contiennent plus d’énergie que les minerais primaires ! de plus, les recherches doivent absolument se poursuivre sur l’énergie de fusion, et aboutir ! il ne s’agit pas de reculer pour mieux sauter, il s’agit de résoudre une fois pour toutes le problème de la pénurie énergétique. Ce n’est pas avec de petits gaz, ni de fumier ni de schistes, qu’on y parviendra !

      Comme je le dis dans la partie III de mon étude sur ce site des énergies européennes, il y a en ce moment 63 centrales nucléaires en construction dans le monde dont seulement UNE en France. De quoi réfléchir sur les mensonges déversés dans le public !

      FREDELAS

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